En physique moderne, le temps n’est plus considéré comme une simple toile de fond universelle et identique pour tous les phénomènes. Pendant longtemps, depuis Newton, le temps était vu comme absolu : il s’écoulait de la même manière partout dans l’Univers, indépendamment de l’observateur ou des conditions physiques. Cette vision a profondément changé au début du XXe siècle avec l’apparition de la théorie de la relativité.

Selon Albert Einstein, le temps est une grandeur relative. Il dépend de l’état de mouvement de l’observateur et du champ gravitationnel dans lequel il se trouve. Le temps ne peut plus être séparé de l’espace : ensemble, ils forment une structure unique appelée espace-temps. Dans ce cadre, chaque événement est défini non seulement par une position dans l’espace, mais aussi par une position dans le temps.

L’une des conséquences majeures de cette approche est la dilatation du temps. Lorsqu’un objet se déplace à une vitesse proche de celle de la lumière, le temps s’écoule plus lentement pour lui par rapport à un observateur immobile. De même, plus un champ gravitationnel est intense, plus le temps ralentit. Ce phénomène a été confirmé expérimentalement, notamment par des horloges atomiques placées à différentes altitudes ou embarquées sur des satellites.

En physique moderne, le temps est donc lié aux conditions physiques locales. Il n’existe pas de « présent universel » partagé par tout l’Univers. Chaque observateur possède son propre temps, mesuré le long de sa trajectoire dans l’espace-temps, appelée ligne d’univers.

Une autre question centrale concerne le sens du temps. Les équations fondamentales de la physique sont souvent réversibles, c’est-à-dire qu’elles fonctionnent aussi bien vers le futur que vers le passé. Pourtant, dans notre expérience quotidienne, le temps semble s’écouler dans une seule direction. Cette asymétrie est associée à l’entropie, une grandeur qui mesure le désordre. La flèche du temps serait liée à l’augmentation globale de l’entropie dans l’Univers.

Enfin, la nature profonde du temps reste une question ouverte. La relativité décrit le temps de manière continue, tandis que la mécanique quantique suggère que, à des échelles extrêmement petites, les notions classiques pourraient perdre leur sens. Certaines théories cherchent à unifier ces deux cadres et se demandent si le temps est fondamental ou s’il émerge de phénomènes plus profonds.

Ainsi, en physique moderne, le temps n’est ni absolu ni universel. Il est une composante dynamique de la structure de l’Univers, étroitement liée à l’espace, à la matière et à l’énergie, et demeure l’un des concepts les plus fascinants et mystérieux de la science contemporaine.